Kojima livre sa vérité sur l'annulation choc de Physint par PlayStation et son rebond avec Xbox

Kojima livre sa vérité sur l'annulation choc de Physint par PlayStation et son rebond avec Xbox

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Hideo Kojima brise le silence après l'annulation surprise de Physint par Sony via un simple appel Zoom. Entre vertige financier, craintes pour ses équipes et nouveau partenariat avec Xbox, le créateur se confie sans fil…

Ce fut incontestablement l'une des plus grosses annonces de cette rentrée dans l'actualité du jeu vidéo. Il y a quelques jours, on apprenait que Physint, le projet next-gen d'Hideo Kojima pensé comme un titre d'action-espionnage dans la digne lignée de Metal Gear Solid et initialement annoncé en partenariat avec PlayStation, ne verrait finalement pas le jour sous l'escarcelle de Sony. Une décision brutale qui avait instantanément fait réagir la communauté, voyant là s'envoler l'une des vitrines technologiques attendues pour la prochaine génération de consoles, alors que le studio estimait encore à cinq ou six ans le temps de développement nécessaire.

Le choc de l'appel Zoom et le vertige de l'annulation

Dans une longue interview accordée à IGN Japan et au Washington Post, Hideo Kojima revient en détail sur les conditions lunaires de cette rupture. En juin dernier, tout juste rentré d'un événement Prada à New York puis d'un passage à Los Angeles, le créateur japonais se retrouve en visioconférence avec Sony Interactive Entertainment. La sentence tombe par un simple appel Zoom : PlayStation ne peut plus financer le développement de Physint.

« J'étais alors sous le choc et j'ai demandé quoi ? Je n'arrivais pas à comprendre », confie-t-il. S'il dit comprendre la situation économique globale du secteur et la multiplication des fermetures de studios ou des annulations, Kojima pensait que son projet d'action-espionnage était à l'abri. Plus que la colère ou la tristesse, c'est l'angoisse pour l'avenir de son entreprise qui l'a saisi : le studio ne comptant que deux projets d'envergure — OD et Physint —, la perte d'un tel contrat menaçait directement la survie de la structure et l'emploi de ses 200 collaborateurs, sans compter les emprunts bancaires contractés depuis la création de Kojima Productions.

La peur du passé et le spectre de PT

Face à cette impasse, le créateur admet avoir traversé un moment de grand désarroi, évoquant même une période de flou psychologique et des trous de mémoire face à la violence de la nouvelle. La perspective d'annoncer l'annulation à ses équipes et aux acteurs impliqués lui a immédiatement rappelé le traumatisme de l'époque PT et de son départ tumultueux de chez Konami. Ne voulant pas infliger un tel séisme à ses collaborateurs à l'approche du dixième anniversaire de Kojima Productions et de ses quarante ans de carrière, il s'est juré de trouver une solution pour sauver le jeu.

Le rebond inattendu avec Xbox

Plongé dans l'urgence, Kojima s'est tourné vers de nouveaux partenaires capables d'apporter un soutien technique, marketing et logistique indispensable pour un projet de cette envergure. C'est ainsi que des discussions ont été initiées avec Xbox, avec qui le studio collabore déjà sur OD. Enthousiasmés par la présentation détaillée de Physint, estimant n'avoir jamais rien vu de tel, les équipes de Phil Spencer ont rapidement dit oui.

En interne, la transition a été communiquée aux salariés juste avant l'annonce publique, dans une atmosphère finalement sereine et soulagée de voir le développement pouvoir se poursuivre. Désormais, l'ensemble des productions de Kojima Productions bascule sous pavillon Xbox, ouvrant par la même occasion des interrogations techniques, notamment sur l'abandon potentiel du Decima Engine de Guerrilla Games (offert par PlayStation) au profit d'autres solutions technologiques comme l'Unreal Engine d'Epic Games.

Les raisons derrière la décision de Sony et la mise au point de Jason Schreier

Cette rupture brutale a rapidement fait l'objet de nombreuses spéculations, alimentées par un article de Jason Schreier sur Bloomberg. Le journaliste y évoquait des performances commerciales jugées en deçà des attentes de Sony pour la franchise Death Stranding, cumulées à une envolée rapide des coûts de production de Physint. Si certains observateurs ont voulu voir dans les déclarations de Kojima un démenti de ces informations, la réalité est plus nuancée : le créateur n'attaque pas directement l'enquête et évite de jeter de l'huile sur le feu.

Malgré la brutalité de la décision de Sony, Kojima insiste lourdement sur le maintien de relations solides avec la firme nippone, refusant catégoriquement de revivre le climat délétère de ses années passées chez Konami. Cet épisode mouvementé témoigne en tout cas de la fébrilité qui traverse actuellement l'industrie, mais aussi de la résilience d'un créateur bien décidé à mener sa vision artistique à terme, peu importe les bannières.