Test Aniimo : la fusion de Pokémon et Genshin tient-elle ses promesses ?

Test Aniimo : la fusion de Pokémon et Genshin tient-elle ses promesses ?

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En combinant collection de monstres et exploration en monde ouvert, Pawprint tente de bousculer deux géants du jeu vidéo. Une formule attrayante sur le papier, mais que vaut réellement cette aventure gratuite une fois m…

Attirer le regard des amateurs de dressage virtuel n’est jamais une mince affaire face aux monuments établis. Avec Aniimo, le studio Pawprint relève pourtant le défi en déployant un Action-RPG en monde ouvert sous pavillon free-to-play. Conçu pour le PC tout en visant un large écosystème multiplateforme, le projet avance des arguments séduisants : une réalisation soignée, un monde sans barrières et surtout une mécanique inédite d'assimilation des créatures. L'ambition saute aux yeux, mais l'exécution peine parfois à masquer ses inspirations trop visibles.

Une expédition scientifique sans grande étincelle narrative

L'intrigue pose ses valises sur Idyll, une contrée sauvage placée sous la surveillance de Polaris, un organisme scientifique qui mandate notre protagoniste pour inventorier la faune locale. Ce prétexte d'étude camoufle une capture intensive à grande échelle, encadrée par un mythe fondateur opposant deux entités légendaires liées au soleil et à la lune. Malgré une mise en scène appliquée et des doublages honnêtes, la trame s'enlise rapidement dans un lexique abscons et des archétypes convenus.

Capture Nexus

Le ton très candide des dialogues et la personnalisation minimale de l'avatar — cantonné à une plastique adolescente très lisse — peinent à susciter un véritable attachement émotionnel. Aniimo déroule ainsi un folklore propre mais aseptisé, fonctionnant davantage comme une suite d'objectifs utilitaires que comme une véritable épopée marquante.

La fusion au cœur d'une exploration calquée sur les géants

Le titre se rattrape heureusement dès que l'on foule les plaines d'Idyll. La grande force de cette production réside indiscutablement dans son système de fusion. Plutôt que de cantonner les monstres au rôle de simples familiers de combat, le joueur s'unit physiquement à ses compagnons pour exploiter leurs facultés motrices. Grimper, nager, creuser ou déployer des ailes devient naturel, forçant à ajuster son équipe selon les accidents du relief pour dénicher des coffres dissimulés ou résoudre des énigmes environnementales. Seule une jauge d'endurance excessivement contraignante vient freiner ces envolées durant les premières heures.

Capture Nexus

Cette belle dynamique se heurte toutefois à un mimétisme flagrant. D'une carte ponctuée de sanctuaires très scolaires à la progression générale, le titre applique à la lettre les codes popularisés par Genshin Impact et Breath of the Wild. Si les amateurs de découverte trouvent immédiatement leurs repères, la démarche manque cruellement d'audace conceptuelle.

Des captures expédiées et des joutes en demi-teinte

Sur le plan des affrontements, la copie se révèle plus mitigée. Aniimo autorise la permutation rapide entre ses bêtes pour enchaîner les réactions élémentaires, mais les sensations d'impact restent timorées. Les combats contre les spécimens « Alphas » apportent un surplus de tension salutaire grâce à des enchaînements exigeant de bons réflexes d'esquive, même si leur réapparition quasi instantanée après un duel victorieux agace rapidement.

La phase de capture souffre quant à elle d'une trop grande facilité. Surprendre une cible assoupie ou de dos assure un succès systématique, évacuant la tension propre aux grandes chasses. Remplir son carnet devient un automatisme sans réel frisson, en dépit d'une gestion intelligente du cycle jour-nuit qui régit l'émergence des spécimens plus rares.

Une technique solide plombée par un héritage mobile

Sur PC, la mouture testée séduit d'emblée par son optimisation. Le moteur 3D gère de larges panoramas avec une fluidité remarquable, affichant des transitions naturelles entre les différents écosystèmes. Ce bilan visuel flatteur est néanmoins terni par une ergonomie directement héritée des écrans tactiles. Entre fenêtres en cascade et notifications permanentes pour réclamer de menues récompenses, la navigation à la souris s'avère inutilement lourde.

La proposition économique a cependant le bon goût d'éviter le piège du gacha intégral : l'ensemble des créatures s'obtient directement sur le terrain. Le modèle repose plutôt sur des éléments cosmétiques, un passe de combat et des accélérateurs, complété par des activités annexes comme l'aménagement d'un camping-car et un volet agricole. Cette profusion de contenus peine pourtant à dissimuler une lassitude progressive, la routine des missions finissant par engourdir la curiosité initiale.

6.5/10

Destiné aux curieux en quête d'un bac à sable dépaysant sans débourser un centime, ce voyage charme grâce à ses créatures adorables et sa mécanique d'assimilation très bien pensée pour arpenter le monde. La recette accuse toutefois le coup face à des combats mous, des captures sans enjeu et une formule calquée sans éclat sur ses illustres modèles.

Points forts

  • Mécanique de fusion très gratifiante en exploration
  • Design réussi et varié des créatures
  • Moteur 3D fluide et monde vaste sans temps mort
  • Modèle économique sain sans gacha pour le bestiaire

Points faibles

  • Capture trop expéditive désamorçant toute tension
  • Combats manquant globalement de dynamisme et d'impact
  • Interface étouffante héritée du format mobile
  • Structure et sanctuaires très scolaires