Test Assassin’s Creed IV: Black Flag : Le vent en poupe pour les forbans d'Ubisoft
- PS5
- Xbox
- Assassin’s Creed IV: Black Flag
- Ubisoft
Quittant la terre ferme pour les vagues écumantes des Caraïbes, cet épisode red insuffle un vent de liberté inédit à la saga d’Ubisoft. Entre abordages d'anthologie et exploration en navire, Edward Kenway redéfinit les…
Il est des licences vidéoludiques qui semblent parfois s’enfermer dans leurs propres carcans, prisonnières de leurs mécaniques historiques. Avec Assassin’s Creed IV: Black Flag, Ubisoft réussit pourtant le pari audacieux de faire souffler un vent de fraîcheur salutaire sur une formule qui commençait à s’essouffler. En délaissant les ruelles austères et les structures trop balisées des précédents volets, le jeu nous invite à lever l'ancre pour embrasser la vie de flibustier. Dès les premières heures, le titre évite les tunnels narratifs laborieux et plonge directement le joueur dans le grand bain caribéen, porté par un protagoniste charismatique et résolument hors norme.
La vie de pirate sous un jour nouveau
L'histoire s'articule autour d'Edward Kenway, un corsaire gallois en quête de fortune et de rédemption, dont les aspirations matérialistes vont peu à peu se confronter à des enjeux plus profonds. Loin des figures traditionnelles d'assassins ou de templiers entièrement dévouées à une cause dès le prologue, Edward évolue en franc-tireur, guidé d'abord par son propre intérêt et la loyauté envers son équipage. Cette écriture humanisée, qui s'autorise même à dépeindre des figures historiques comme Barbe-Noire sous un angle touchant, insuffle une épaisseur narrative bienvenue. Si le scénario s'égare parfois légèrement dans sa dernière ligne droite, il culmine vers une conclusion étonnamment émouvante.

L’appel du large et la puissance du Jackdaw
Le véritable cœur battant de cet épisode réside incontestablement dans son monde ouvert et ses mécaniques maritimes. Aux commandes du Jackdaw, le navire d'Edward, le joueur passe des heures entières à sillonner des panoramas somptueux, de la ville coloniale de Havana aux îlots sauvages peuplés de faune tropicale. Le système de progression s'avère redoutable d'efficacité : chaque ressource pillée, chaque cargaison saisie et chaque marin sauvé participe à l'amélioration du bâtiment. Les affrontements navals exigent un savant dosage entre positionnement tactique, utilisation de mortiers et tirs de volées de canons, transformant chaque bataille en une confrontation palpitante. Les phases d'abordage achèvent de lier l'exploration maritime aux combats terrestres dans une fluidité remarquable, où l'on bascule des tirs de canon aux duels à l'épée sur le pont ennemi.

Des fondations solides mais quelques vieux démons
Sur la terre ferme, Ubisoft capitalise sur des apports bienvenus en empruntant notamment à des mécaniques de chasse et de sabotage popularisées par Far Cry 3, rendant l'infiltration plus gratting et stratégique. Néanmoins, cet élan d'innovation se heurte parfois à la persistance de structures de missions d'un autre âge. Le jeu retombe régulièrement dans ses travers en imposant des phases d'écoute furtive et de filature répétitives qui peinent à masquer l'âge de ces poncifs. De même, les affrontements au corps à corps, bien que toujours aussi dynamiques, ne profitent d'aucune évolution majeure par rapport aux épisodes précédents. Sur le plan technique, la version PlayStation 4 testée ici se distingue par une résolution supérieure et un lissage plus net des détails par rapport à la mouture Xbox One, bien que les deux éditions profitent pleinement de superbes effets lumineux et aquatiques.
En définitive, les quelques scories liées à des missions surannées et un multijoueur qui se contente du service minimum ne parviennent pas à faire ombre à la générosité de l'ensemble. Porté par un équilibre rare entre la vie de pirate au grand air et la rigueur d'un monde ouvert truffé d'activités, ce voyage caribéen s'impose durablement comme l'une des plus belles réussites de la franchise.
8.5/10
Assassin’s Creed IV: Black Flag mérite sa note de 8,5/10 : Il convainc surtout par monde ouvert caribéen somptueux et immense ; en revanche trop de missions de filature et d'écoute.
Points forts
- Monde ouvert caribéen somptueux et immense
- Combats navals prenants et grisants
- Boucle de progression extrêmement gratifiante
- Narration soignée et protagoniste attachant
Points faibles
- Trop de missions de filature et d'écoute
- Évolutions timides sur les combats au corps à corps
- Multijoueur sans réelles nouveautés substantielles