Test Assassin’s Creed Odyssey : la Grèce antique grandeur nature

Test Assassin’s Creed Odyssey : la Grèce antique grandeur nature

  • PlayStation 4
  • Assassin’s Creed Odyssey
  • Ubisoft
  • Action-RPG

Ubisoft Quebec propulse la saga historique au cœur de la Grèce antique avec un monde ouvert colossal. Entre choix narratifs marquants et refonte du système de combat, cette fresque monumentale ne laisse pas indifférent.

L'évolution amorcée par Assassin’s Creed Origins a redéfini les contours de la franchise d'Ubisoft, troquant le classicisme de l'infiltration pure contre des mécaniques plus orientées vers l'action-RPG. Avec Assassin’s Creed Odyssey, développé par Ubisoft Quebec, le studio franchit une étape supplémentaire en affirmant pleinement cette nouvelle direction. L'aventure nous transporte en 431 avant notre ère, au cœur de la guerre du Péloponnèse, pour une épopée d'une ampleur monumentale à travers la Grèce antique.

Une narration entre choix cornéliens et incarnation charismatique

Dès les premiers instants, le joueur choisit d'incarner Alexios ou Kassandra, deux parias spartiates devenus mercenaires. Si la trame principale conserve la structure habituelle de la franchise avec ses incursions dans le monde moderne aux côtés de Layla Hassan, c’est bien le périple antique qui monopolise l'attention. Le titre introduit un système de décisions ramifiées doté de neuf fins différentes pour l'arc principal. De nombreux choix impliquent de réelles répercussions, modifiant parfois le destin de personnages clés au moment où l'on s'y attend le moins.

Capture Nexus

Les protagonistes bénéficient d'une écriture soignée, habilement nuancée par un humour bien dosé qui désamorcera les situations les plus sombres. En revanche, les séquences de romance optionnelles pèchent par leur superficialité, se résumant souvent à des interactions maladroites qui s'intègrent assez mal au rythme des événements dramatiques environnants.

Entre exploration organique et combats dynamiques

La carte se révèle gigantesque, proposant une surface doublée par rapport au précédent épisode. L'introduction d'un mode Exploration novateur encourage à fouiller les moindres recoins sans s'en remettre aveuglément aux indications de l'interface, obligeant à prêter attention aux indices fournis par les PNJ. Cet appétit d'aventure se heurte toutefois parfois au système de niveaux, qui impose des barrières artificielles dans certaines zones.

Le système de combat délaisse les boucliers au profit de la parade et de l'esquive, accélérant sensiblement les affrontements. La personnalisation poussée de l'équipement, couplée à la possibilité de réattribuer ses points de compétences à tout moment, permet d'orienter son style vers l'infiltration, le combat rapproché ou le tir à distance. Le retour des batailles navales à bord de L'Adrestia insuffle quant à lui un dynamisme bienvenu lors des traversées maritimes.

Des ambitions politiques en demi-teinte

Le monde se montre particulièrement vivant, notamment grâce au système de mercenaires inspiré de la Némésis, où des rivaux traquent le joueur en cas de prime trop élevée. Si cette mécanique crée des situations mémorables — parfois un brin envahissantes au milieu d'une mission principale —, la gestion des conflits territoriaux et des batailles de conquête s'avère beaucoup plus inégale. Ces affrontements de factions manquent d'ancrage logique avec l'intrigue globale, créant un contraste parfois difficile à avaler.

Malgré une durée de vie colossale qui frôle l'asphyxie par moments et quelques ambitions mécaniques qui manquent de finition, Assassin’s Creed Odyssey parvient à imprimer sa marque. La richesse de sa reconstitution historique et l'audace de sa structure narrative font de cette excursion hellénique une fresque mémorable.

8/10

Assassin’s Creed Odyssey mérite sa note de 8/10 : Il convainc surtout par un monde ouvert immense, vivant et visuellement somptueux ; en revanche une structure de campagne parfois lourde et étirée.

Points forts

  • Un monde ouvert immense, vivant et visuellement somptueux
  • Une narration impactante avec de vrais choix et de multiples fins
  • Un système de combat dynamique et personnalisable

Points faibles

  • Une structure de campagne parfois lourde et étirée
  • Des mécaniques de factions et de conquêtes peu inspirées
  • Des quêtes de romances superficielles et maladroites