Test Assassin’s Creed Shadows : le grand écart entre l'ombre et la lumière

Test Assassin’s Creed Shadows : le grand écart entre l'ombre et la lumière

  • PS5
  • Assassin’s Creed Shadows
  • Ubisoft
  • Action-RPG

Plongée dans le Japon du 16e siècle avec Ubisoft Quebec, Assassin's Creed Shadows mise sur un duo asymétrique. Si la partition de Naoe frôle l'excellence, l'aventure peine à maintenir le cap sur toute sa longueur.

Attendu le 20 mars 2025 sur PS5, Xbox, PC et autres supports, Assassin’s Creed Shadows nous invite à traverser le Japon du XVIe siècle à travers les yeux de deux figures que tout oppose. D'un côté, Naoe, la shinobi agile et méthodique ; de l'autre, Yasuke, le samouraï taillé pour l'affrontement frontal. Développé par Ubisoft Quebec, le titre tente une nouvelle formule en introduisant un système de saisons dynamiques qui modifie en profondeur la topographie des lieux et l'approche tactique des missions. Une ambition visuelle et ludique évidente, mais qui s'accompagne d'un déséquilibre persistant entre ses deux têtes d'affiche.

Une narration en demi-teinte et un duo déséquilibré

Le voyage de Naoe s'articule autour d'une quête de vengeance et de rédemption, illustrée de manière originale par la cicatrisation progressive de son visage au fil des saisons. Pourtant, si le postulat de départ fonctionne, le second acte s'enlase dans une structure narrative particulièrement convenue. L'intrigue principale, qui consiste à pourchasser une douzaine de cibles masquées tout en protégeant un mystérieux coffre, manque cruellement de liant. Les pistes se succèdent dans des bulles narratives étanches, diluant l'enjeu dramatique.

Capture Nexus

La situation se complique avec l'intégration de Yasuke. Conçu pour incarner la puissance brute, le samouraï se révèle nettement moins convaincant manette en main. Dépourvu des talents de parkour et de discrétion qui font l'ADN de la franchise, il réduit chaque confrontation à une charge frontale dénuée de subtilité, plombant le rythme de l'aventure dès qu'il s'agit de s'immiscer dans l'action.

L'art de l'infiltration réinventé par Naoe

À l'inverse, dès que l'on incarne Naoe, Assassin's Creed Shadows retrouve ses lettres de noblesse. La jeune femme s'impose sans conteste comme l'une des protagonistes les plus réussies de ces dernières années. Son arsenal, composé d'un grappin, de lames secrètes et de divers gadgets, s'intègre à des mécaniques d'infiltration nettement modernisées. S'accroupir, se fondre dans les recoins sombres en éteignant les sources de lumière ou retenir sa respiration sous l'eau transforment chaque infiltration en un véritable puzzle tactique.

Capture Nexus

Les ennemis font preuve d'une vigilance accrue : ils remarquent les corps abandonnés, relèvent les indices de présence shinobi et n'hésitent plus à lever les yeux vers les toits. La dimension environnementale prend alors toute sa mesure grâce au cycle des saisons. Un plan d'eau gelé en hiver offre un accès inédit là où il servait de cachette au printemps, tandis que la neige trahit les déplacements ou que les orages d'automne couvrent les bruits. Cette exigence constante renouvelle habilement le plaisir d'infiltration au sein des forteresses.

Un monde vivant façonné par les éléments

Sur le plan visuel et artistique, Ubisoft Quebec signe une reconstitution soignée. Même si le Japon féodal a déjà été largement exploré par d'autres œuvres vidéoludiques, la direction artistique insuffle une vraie personnalité à ce monde ouvert. Les paysages évoluent au gré des récoltes et de la météo, offrant un panorama changeant et organique qui rend l'exploration à cheval particulièrement plaisante. Les déplacements fluides de Naoe dans ces décors à taille humaine rappellent le meilleur de la série, évitant la plupart des frustrations liées aux accrochages de décors intempestifs.

Malgré des mécaniques de base solides et un monde ouvert cohérent, le titre souffre d'une dispersion de ses ambitions. Le système de la Ligue, qui permet de recruter des alliés pour obtenir des bonus ponctuels, brille par son utilité en combat mais pèche par la superficialité de ses interactions. En définitive, Assassin's Creed Shadows brille par éclats : si la moitié de l'aventure portée par la grâce et la précision de Naoe touche au but, la rigidité imposée par les passages avec Yasuke et un récit en dents de scie rappellent que la formule cherche encore son équilibre parfait.

7.5/10

Assassin’s Creed Shadows mérite sa note de 7,5/10 : Il convainc surtout par le gameplay de Naoe, brillant en infiltration et en parkour ; en revanche yasuke beaucoup moins inspiré et trop bourrin.

Points forts

  • Le gameplay de Naoe, brillant en infiltration et en parkour
  • L'impact des saisons dynamiques sur la structure des missions
  • Une direction artistique soignée et un monde ouvert vivant

Points faibles

  • Yasuke beaucoup moins inspiré et trop bourrin
  • Une narration principale trop fragmentée et inégale
  • Des quêtes secondaires parfois un peu répétitives