6,5/10
La Terre est mourante. Les heures de l'humanité sont comptées. À 12 années-lumière, Tau Ceti f lui offre une lueur d'espoir, mais l'équipage du vaisseau colonial Cassiopeia réalise vite qu'il n'est pas seul.
- Développeur
- Supermassive Games
- Éditeur
- Bandai Namco Entertainment
Notre avis
Habitué aux ambiances de slasher et aux drames adolescents dont Until Dawn reste l'étendard le plus marquant, Supermassive Games change radicalement de décor avec Directive 8020. Attendu le 12 mai sur PS5, Xbox Series et PC, le titre abandonne les sentiers battus de la terre ferme pour nous embarquer dans un survival-horror spatial clairement inspiré de références comme Alien Isolation. À bord du Cassiopeia, un vaisseau envoyé vers Tau Ceti F pour trouver une nouvelle terre d'accueil, la mission déraille lorsqu'une entité extraterrestre capable d'imiter parfaitement les humains s'infiltre parmi l'équipage. Un postulat de départ redoutable sur le papier, où la méfiance devrait s'installer durablement au sein du groupe.
Une esthétique soignée mais un rythme en apnée
Visuellement, le jeu ne déçoit pas et s'inscrit dans la lignée des productions du studio. Les environnements profitent d'une superbe direction artistique, de jeux d'éclairages maîtrisés et d'une ambiance de science-fiction horrifique immédiatement crédible. Malheureusement, ce vernis esthétique se heurte rapidement à des choix de mise en scène moins inspirés. Le principal écueil de cette aventure réside dans sa lourdeur narrative : le titre prend un temps considérable pour installer ses enjeux, accumulant les longues discussions au détriment du dynamisme global. L'absence d'un vrai rythme s'installe dès les premiers chapitres, cassant net cette sensation d'urgence vitale que l'on est en droit d'attendre d'un tel huis clos.
Entre choix cruciaux et infiltration poussive
Côté jouabilité, le titre repose évidemment sur le système d'embranchements qui a fait la réputation de ses créateurs. Vos décisions pèsent directement sur le destin et les relations des membres de l'équipage. Pour l'occasion, les développeurs introduisent deux approches : un mode Survie aux conséquences définitives et un mode Exploration autorisant le retour en arrière. Si la première option ravira les adeptes de sueurs froides, la seconde désamorce complètement la tension en éliminant la peur réelle de perdre un personnage. Cette tiédeur se ressent également dans les phases d'infiltration, qui s'avèrent rapidement répétitives et pénalisées par une intelligence artificielle parfois défaillante, brisant ponctuellement l'immersion lors de séquences pourtant pensées pour être étouffantes.
Faute de réussir à instiller une peur authentique et un sentiment de danger permanent, cette escapade interstellaire laisse une impression de potentiel inachevé. Si l'on salue volontiers la volonté de renouveler les thématiques du studio et la solidité de son univers visuel, la sauce horrifique ne prend pas tout à fait. Les amateurs d'ambiances spatiales y trouveront de quoi passer quelques heures intrigantes, mais l'expérience globale manque cruellement de mordant pour marquer durablement les esprits.
Directive 8020 s'adresse aux amateurs de récits spatiaux et d'ambiances à la Alien, mais décevra ceux qui recherchent le stress viscéral d'un Until Dawn. S'il brille par sa direction artistique et son postulat paranoïaque, le jeu pèche par un rythme beaucoup trop indolent et des mécaniques d'infiltration rigides. Une expérience atmosphérique honorable, mais qui manque de mordant.
Verdict
Verdict
Directive 8020 mérite sa note de 6,5/10 : Il convainc surtout par direction artistique soignée et ambiance spatiale réussie ; en revanche rythme global beaucoup trop mou et bavard.