8/10
Pragmata est un jeu d'action-aventure de science-fiction développé par Capcom. Membre d'une équipe envoyée sur la Lune, Hugh rencontre Diana, une jeune androïde. Ensemble, ils parcourront une station lunaire dirigée par une IA malfaisante, afin de trouver un moyen de retourner sur Terre.
Notre avis
Annoncé en grande pompe avant de se faire très discrètement désirer, Pragmata cristallisait de nombreuses attentes. Derrière cette nouvelle licence signée Capcom se cache une proposition singulière, à la croisée des chemins entre le jeu d'action nerveux et la science-fiction narrative. L'aventure nous entraîne sur une station lunaire aussi fascinante qu'hostile, où l'atmosphère se teinte rapidement de mystères et de tensions permanentes. Quinze heures durant, le titre impose un rythme soutenu qui ne laisse que peu de répit.
Une symbiose narrative au service de l'émotion
L'histoire s'articule autour d'une relation improbable entre Hugh, un astronaute endurci luttant pour sa survie à la suite d'un accident, et Diana, une enfant androïde à la fois espiègle et touchante. Ce duo pas comme les autres insuffle une âme bienvenue à des décors lunaires par ailleurs stricts. Tout au long du périple, les interactions entre ces deux protagonistes renforcent un sentiment d'attachement palpable, évitant habilement l'écueil du simple prétexte scénaristique.
Pour nourrir ce lien, le jeu introduit un espace de repos central baptisé Le Refuge. En explorant les moindres recoins des zones labyrinthiques de la station, le joueur met la main sur divers souvenirs terrestres — qu'il s'agisse d'un globe ou d'une télévision cathodique — à offrir à Diana. Cet havre de paix évolutif, qui fait écho aux traditionnelles salles de repos de l'éditeur, permet non seulement de fabriquer de l'équipement salvateur et d'améliorer les capacités de combat, mais aussi de souffler un instant entre deux phases d'exploration particulièrement tendues.
Un ballet tactique sous haute tension
Si la narration attendrit, le cœur du titre repose sur un système de combat pour le moins atypique. La dualité est ici poussée à son paroxysme : tandis que Hugh fait pleuvoir les tirs sur un bestiaire robotique agressif, Diana s'accroche à son dos pour pirater les systèmes ennemis en temps réel. Cette gymnastique intellectuelle et physique demande un temps d'adaptation certain. Gérer le placement sur une grille de piratage tout en esquivant des assauts ennemis dans des couloirs étriqués met les nerfs à rude épreuve.
Heureusement, la progression sait se montrer gratifiante. Plus l'aventure avance, plus les options tactiques s'étoffent, permettant par exemple de déclencher des attaques dévastatrices d'Overdrive. Les affrontements gagnent alors en profondeur stratégique, exigeant une concentration de tous les instants. Néanmoins, malgré cette nervosité constante et la variété des situations, la formule montre quelques limites sur la durée. Le bestiaire, bien qu'efficace, tend à tourner en rond, et la boucle de gameplay finit par accuser une certaine redondance à l'approche de la conclusion.
Une réalisation de haute volée malgré un classicisme structurel
Visuellement, Pragmata fait honneur au savoir-faire de son créateur. Propulsé par un moteur polyvalent et maîtrisé, le jeu brille par la finesse de ses environnements et le souci du détail apporté aux textures, notamment les chevelures ou les expressions des personnages. L'ambiance visuelle, bien qu'ancrée dans une esthétique de station spatiale assez homogène, parvient à renouveler suffisamment ses panoramas pour captiver la rétine du début à la fin.
On pourra toutefois pester contre un level design globalement très dirigiste. Le jeu encourage certes à fouiller les zones verrouillées à l'aide de cartes magnétiques pour obtenir du loot précieux, mais il balise strictement notre progression. Conjugué à une structure qui s'étire un brin en longueur dans sa dernière ligne droite, ce manque d'ouverture rappelle que l'expérience, aussi généreuse soit-elle, reste fermement cadenacée.
Pragmata s'adresse aux amateurs de défis originaux et de duos narratifs forts. S'il brille par son identité visuelle et l'ingéniosité de ses affrontements en dualité, il pèche par une légère répétitivité sur la fin et un cheminement très directif. Une aventure de quinze heures hautement recommandée.
Verdict
Verdict
Pragmata mérite sa note de 8/10 : Il convainc surtout par direction artistique et technique soignée ; en revanche répétitivité de la boucle de jeu sur la longueur.